Comparatif des styles de yoga doux (Hatha, Yin, restauratif…)

Le flyer était punaisé de travers sur le panneau en liège de la médiathèque, coincé entre une annonce de covoiturage et un avis de vide-grenier : cinq cours de yoga, cinq noms qu'elle était incapable de remettre dans l'ordre. Hatha, Yin, Nidra, Restauratif — elle a d'abord pensé que c'était comme le chariot de retours de la bibliothécaire, tout empilé sans logique apparente, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il y avait bien un classement, juste pas celui qu'elle attendait. « Je croyais que c'était juste des étirements avec des noms différents », s'est-elle dit ce soir-là en rentrant — avant de découvrir, carnet ouvert à côté de la théière, que non, pas vraiment. Elle n'est pas professeure de yoga, seulement une élève du mardi soir qui note tout dans un cahier à spirale. Ce tableau est né de ces recherches-là, une colonne à la fois, pour ne plus se planter de créneau à l'accueil du club. Elle a vérifié chaque ligne, source par source, plutôt que de se fier à sa seule mémoire des flyers.

Sommaire

Comparatif de huit styles de yoga doux — Hatha, Yin, Restauratif, Nidra, Viniyoga, Sivananda, Iyengar doux et Kundalini — avec pour chacun la durée habituelle des postures (de quelques minutes à 45 minutes d'immobilité selon le style), le focus physiologique principal, l'utilisation d'accessoires et l'origine ou le fondateur moderne. Un repère pour choisir son style, pas une prescription : à adapter à son corps et à son niveau, et en cas de grossesse, de blessure ou de doute sur sa santé, à voir avec un médecin ou un professeur formé.
Comparatif des styles de yoga doux — infographie Mon Tapis Zen, à insérer avec crédit et lien (CC BY 4.0). Durées, focus et origines vérifiés à la source. Un repère pour choisir, pas une prescription.

Tableau comparatif des styles de yoga doux

Style de Yoga Durée habituelle des postures Focus physiologique principal Utilisation d'accessoires Origine / Fondateur moderne
Hatha Yoga Quelques minutes par posture, sans chronométrage strict [1] Équilibre entre l'effort et le souffle Modérée (sangles, briques) Svatmarama (XVe siècle) [2]
Yin Yoga Environ 5 minutes, parfois davantage [3] Tissus conjonctifs et fascias Fréquente (bolsters, briques) Paul Grilley / Sarah Powers (années 1980) [3]
Yoga Restauratif Jusqu'à 20 minutes par posture [4] Détente profonde, repos du système nerveux Systématique (supports complets) Judith Hanson Lasater (années 1970) [5]
Yoga Nidra Immobilité totale (15 à 45 minutes) [6] États de conscience, entre veille et sommeil Confort (couvertures, coussins) Swami Satyananda Saraswati (Bihar School of Yoga, 1964) [7]
Viniyoga Variable selon l'individu Adaptation à la morphologie individuelle Ponctuelle T.K.V. Desikachar (années 1960) [8]
Sivananda Yoga Fixe (12 postures de base) [9] Santé globale et spiritualité Minimale Swami Sivananda (1932, premier ashram) [9]
Yoga Iyengar (Doux) Longue (précision d'alignement) Alignement structurel rigoureux Intensive (sangles, briques, couvertures) B.K.S. Iyengar (1966, Light on Yoga) [10]
Kundalini (Méditatif) 3 à 11 minutes, parfois plus (Kriyas) [11] Respiration et circulation de l'énergie Peu fréquente Yogi Bhajan (1968) [12]

Définitions et spécificités techniques

Hatha Yoga
Le Hatha, c'est celui par lequel elle est arrivée sans vraiment le chercher — le nom qui revient partout, celui qu'on lui a conseillé en premier à l'accueil du club. Un vieux texte le fait remonter à un yogi du nom de Svatmarama [2], et le principe n'a pas tant changé depuis : un enchaînement de postures plutôt lent, souvent ouvert par la salutation au soleil, sans que personne ne regarde vraiment le chronomètre [13]. « Je ne suis pas sûre de faire ça correctement », s'est-elle dit la toute première fois — et des mois plus tard, elle se pose encore la question, ce qui est peut-être très bien ainsi.
Yin Yoga
Le Yin, elle a longtemps cru que c'était juste le Hatha en version ralentie, pour les soirs de fatigue. En creusant, elle a trouvé une autre histoire : une rencontre entre la tradition indienne et la médecine chinoise, où les postures visent moins les muscles que ce qu'il y a en dessous — tendons, fascias, ligaments, tout ce qu'on ne sent qu'au bout d'un long moment immobile [3]. La première fois qu'elle a tenu une posture assez longtemps pour que ses cuisses arrêtent de trembler et que quelque chose de plus sourd se mette à tirer à la place, elle a compris que ce n'était pas de la paresse. Le nom lui-même viendrait d'un enseignant américain, Paul Grilley, aidé d'une consœur, Sarah Powers, dans les années quatre-vingt.
Yoga Restauratif
Le Restauratif, c'est celui qui ressemble le plus à ce qu'elle cherche les soirs où elle rentre vidée. Popularisée par une Américaine formée auprès des élèves d'Iyengar, Judith Lasater, l'idée est de laisser les accessoires porter tout le poids du corps à la place des muscles [4]. Elle a essayé un dimanche pluvieux, avec les coussins du canapé faute de vrais bolsters — improvisation qui a plutôt bien marché, contrairement à sa première crème au calendula, ratée dans le fond d'un bocal avant de finir, des semaines plus tard, par prendre enfin la bonne texture. Le corps reste immobile un long moment, largement soutenu, et c'est justement tout le but.
Yoga Nidra
Le Nidra, elle l'a longtemps confondu avec une sieste guidée un peu chic. Ce n'est pas complètement faux, mais ce n'est pas tout à fait ça non plus : un état de conscience quelque part entre veille et sommeil, allongée en Savasana pendant qu'une voix fait le tour du corps, zone par zone [14]. La méthode moderne remonterait à Swami Satyananda Saraswati, qui a bâti son école dans le Bihar en pleine décennie soixante [7]. Elle se dit parfois, juste avant de sombrer : « je n'écoute déjà plus rien » — et c'est peut-être tout le principe.
Dernière vérification des sources : 22 août 2026

Sources